samedi 23 novembre 1996

Le vampire

un goût de destruction
s'est délicatement déposé sur ma langue
alors qu’elle léchait la moisissure
sous les croûtes des cerveaux

ne voyez-vous pas ces cadavres blafards
empalés par les crocs métalliques de ma mâchoire
et leur sang qui s'écoule dans ma gorge
chaud comme les ruelles nocturnes
doux comme le tranchant d'une lame de rasoir

méfiez-vous lorsque la lune s’éclipse
car je suis peut-être le manteau obscur
qui s'enroule autour de votre cou

mardi 1 octobre 1996

soirée de beuverie (iii)

difforme aux contours incertains
sinon sa couleur phospho-invisible
une évaporation imperceptible

comme le songe d’une chute ascendante

soirée de beuverie (ii)

la ligne lumineuse se tord sous le poids
des silhouettes
repliement en un point

glaciaire
engourdi


et la ligne vibre et se rompt

soirée de beuverie

l’incandescence aux pieds persiste
alternative à un être de chair sous les os
à moins que ce ne soit l’ombre-bouteille aux yeux pétillants