samedi 15 octobre 1994

Mes yeux arrachés

mes yeux arrachés ont fait place à des
orbites humides et silencieuses
l’eau s’écoule dans les fissures crâniennes

mon strabisme épineux transperce le béton armé
de tous côtés
sous les pulsions d’un chaos cérébral
stalactites contradictoires
d’images encastrées dans la rouille
et sentiments équarris aux bords tranchants

la sueur angoissée perle
le long des arrêtes vives de mon front décomposé
l’être est écrasé sous une vague de fonte

lundi 10 janvier 1994

Rêve

mon rêve se prolonge
et se répand comme de l'eau

le désert de glace
se fond dans la courbe bleue
et au centre du cercle miroitant
un cristal noir
dévoré par la flamme

à la lumière de tes yeux
le masque nocturne s'est évaporé